Témoignages

Jacques et Marie, cycle CER 2008-2011

Nous venons de terminer, à regret, le cycle du C.E.R. (centre d’études religieuses), à la paroisse de la Trinité dans le 9ème ; à regret, car on aimerait continuer, approfondir et poursuivre le chemin ensemble. On en avait pris l’habitude...
D’abord, on est frappé par la variété de l’auditoire, sa jeunesse surtout avec beaucoup d’étudiants, mais aussi son aspect intergénérationnel. En voici une preuve : nous avons suivi l’année de philosophie, avec notre future belle-fille...que nous ne connaissions pas ! Les liens du CER ont placé nos relations avec elle, d’emblée, au bon niveau.
Au CER, on revient sans cesse au réel, au bon sens, avec la raison et la mesure, sans verser dans l’outrance, dans le gallicanisme, ou pire, dans le sectarisme. Pas de place pour le virtuel, le « zapping », le ressenti et l’immédiateté...Foi et raison y font bon ménage.
Enfin, le CER nous invite à rechercher « les ancres du ciel », pour reprendre le titre d’un livre qui vient de sortir, avec l’incitation à la prière, et à la participation à des retraites périodiques etc...Merci de tout cœur à tous les bénévoles qui font marcher cette belle locomotive.

 

Aim, 68 ans, mari, 3 enfants

Je suis venu aux cours du C E R une fois retir de la vie professionnelle et aprs avoir, pendant une anne, frquent les confrences de lUniversit du Milieu de la Vie de lInstitut Catholique de Paris. Je ny avais pas trouv ce que je cherchais, c'est--dire un expos de la doctrine catholique confronte aux prsupposs idologiques du monde moderne.
Javais en effet t, de par mes fonctions dans lAdministration de lEtat, le tmoin interrogateur et souvent lacteur dubitatif de politiques sous tendues par des conceptions de lhomme et de la socit qui me heurtaient. Dans cet tat dinsatisfaction profonde, javais cherch, travers des lectures de philosophes, dhistoriens, de juristes, comprendre comment nous en tions collectivement arrivs l.
Je dois prciser quayant reu une ducation trs chrtienne dans ma famille puis dans un petit sminaire, je mtais loign de la pratique de la religion sous leffet de lair du temps et de la lacisation profonde du milieu professionnel dans lequel juvrais. Mais leffet dltre de ces deux facteurs conjugus, et labsurdit du modle humain quils promouvaient, me conduisirent peu peu chercher me raccrocher de plus solides fondements. Aprs une priode dexploration des spiritualits orientales se concluant par une impossibilit dadhrer tant aux fins quaux mthodes, je renouai, dj quadragnaire, avec les perspectives offertes par la spiritualit chrtienne.

Le facteur dclenchant fut paradoxalement la participation aux prparatifs de la clbration du deux centime anniversaire de la rvolution franaise, dans un dpartement o la rsistance la politique anticatholique du nouveau rgime avait t trs gnrale, et rprime dans le sang. La lecture des uvres majeures consacres lanalyse et des essais dexplication de cette priode dmoralisante me ramena dinstinct vers la foi catholique, tant je fus sensible au caractre intemporel de la doctrine chrtienne, la grandeur quelle reconnat en lhomme malgr sa faiblesse, lobjectif exaltant quelle lui assigne
Mais le caractre prenant de ma vie professionnelle ne me permit pas de me plonger dans des tudes proprement religieuses, dont lintrt et la ncessit me paraissaient de plus en plus vidents au fur et mesure que je redevenais un catholique pratiquant. Cest dans cet tat desprit que jai abord les cours du CER., esprant trouver la rponse toutes les questions que je me posais encore.

Jai t exauc bien au-del de mes esprances ; en effet celles-ci taient le fait dune personne trs ignorante de bien des aspects de sa religion, et ne souponnant pas la richesse et la porte de celle-ci. Cet approfondissement des ralits de la foi sest opr grce deux approches complmentaires :
1) Les trois annes de cours mont fourni la charpente de la doctrine catholique ; dans celle-ci deux pices matresses parmi dautres, cites titre dexemple :
- le positionnement de la philosophie catholique par rapport aux autres systmes philosophiques, antiques et modernes, que javais longtemps explor en aveugle, ma permis de comprendre les dviances intellectuelles qui sont la base des constructions socio-politiques modernes, et qui expliquent leurs aberrations,
- la comparaison entre le catholicisme et les autres religions ma fait toucher du doigt, dans le dtail, la nature et la profondeur des diffrences respectives, et les pierres dachoppement du dialogue inter-religieux.
2) Laccs libre la bibliothque de thologie et la possibilit demprunter les livres de mon choix ma permis de pntrer dans la pense des plus grands saints, de me familiariser avec les crits des meilleurs thologiens, dtudier lhistoire de lEglise, de prendre connaissance directement des enseignements des papes et des dcisions des conciles...etc.
Jai dailleurs constat que chaque lecture en appelle une autre, en donnant envie de sengager plus avant dans la comprhension de notre relation avec Dieu

Ces deux moyens de mieux connatre celle-ci mont t un secours prcieux pour progresser dans la vie chrtienne, mont donn lenvie de lire et mditer lEvangile et les grands auteurs spirituels, mont fait comprendre la valeur et lefficacit de la prire, mont permis de me situer plus vritablement dans ma vie sociale, mont fait comprendre le caractre divin de la famille...etc. Jai saisi comment la vrit est indispensable notre intelligence, la charit notre volont, la beaut notre sensibilit, pour que nous nous approchions du royaume de la justice quil importe dinstaurer en nous.

A 68 ans il marrive de penser que jaurais gagn commencer plus tt dans ma vie mon aventure avec le CER. Mais en mme temps je remercie Dieu de mavoir permis de la mener un ge o lexprience humaine permet de mesurer combien une telle aide est providentielle. Je souhaite beaucoup de frres dans le Christ, quel que soit leur ge, leur condition, leur croyance, de sengager dans ce qui se prsente modestement comme une formation, mais qui est en ralit un moyen privilgi de cheminer vers notre destine transcendante.

Herv, 52 ans, pre de 6 enfants et grand pre de 2 enfants, promotion 2008

En revenant de d'Asie et notamment de Chine o j'ai pass 9 ans, j'ai t touch par l'importance de se former comme chrtien, sous peine de devenir tide, car l bas, nous tions isols. La foi ne peut vivre et surtout survivre, non seulement loin des sacrements, ce qui est une vidence mais, et les chrtiens l'oublient trop souvent, si nous ne nous formons pas.
Nous ne pouvons plus avoir la foi du charbonnier, d'abord parce que nous ne sommes pas charbonniers et aussi parce que le monde a chang et il faut dfendre ses convictions, sous peine d'tre totalement branl.
Les cours ont finalement confirm, en mettant des mots, en expliquant par des raisonnements, ce que la foi me fait dcouvrir.
Aimer, c'est d'abord connatre. Les cours qui justement nous font dcouvrir la tradition de l'Eglise, montrent, mme si le mystre nous dpasse, et c'est ce qui est merveilleux, car Dieu n'est pas l'chelle de l'homme, combien le Plan de Dieu est beau et harmonieux pour l'homme, combien cela fait sens.
Ces cours, m'ont montr combien l'Esprit Saint conduit l'glise et les hommes sincres et de bonne volont. Ils m'ont aussi renforc dans ma conviction de vivre toujours plus des sacrements et que la vie ne peut connatre une dichotomie entre notre foi et notre vie publique. Ils m'ont appris combien il fallait aimer l'glise au lieu de raisonner comme si nous tions en dehors. La joie de l'glise est notre tout comme ses souffrances, le bras ne pouvant se moquer de la jambe ou l'ignorer.
J'ai savour ces cours que je relis trs rgulirement, qui m'aident argumenter pour les aumneries ou discussions entre collgues... Ils sont indispensables pour structurer sa pense, contrer les contre-vrits et l'ignorance. Quelque part, ces cours apaisent car ils donnent des mots des intuitions au fond de nous mmes.
Je recommande sans cesse les cours du CER. Partir de la philosophie est le plus important car c'est l que le chrtien rejoint l'homme sans Dieu.
Je suis admiratif de votre fidlit au CER et c'est un exemple d'engagement envers l'Eglise et les hommes, pour certainement beaucoup d'lves. Continuez. Mon pre spirituel a aussi savour les cours de Jean Daujat...Je confie tous les jours le CER la Vierge Marie.

Tristan, 41 ans, Directeur des ventes, mari, 3 enfants

J'ai connu le CER grce aux tracts laisss tous les ans la chapelle de la mdaille miraculeuse, rue du Bac. a a tout de suite fait "tilt" car j'avais lu avec passion plusieurs ouvrages de Jean Daujat dans ma jeunesse et sa clart comme sa rigueur m'avaient illumin. J'ai retrouv cette vidence dans les cours de Claude Paulot : Qu'est-ce que la vrit ? L'adquation entre ce que je pense ou dis et la ralit dsigne : ni plus, ni moins. Il n'y a donc bien qu'une vrit, mais il ne faut pas en faire un absolu idal. quoi sert une entreprise ? servir ses clients et ses collaborateurs (merci aux financiers de servir l'entreprise dans ce but). Etc. Voil pour la formation intellectuelle, o l'on comprend combien la doctrine catholique est rationnelle. Et s'ajoute la formation spirituelle, indispensable pour ne pas tomber dans le rationalisme, car l'essentiel est accessible sans diplme : l'amour de Dieu et des frres. Merci au C.E.R., Jean Daujat et Claude Paulot.

Joseph, 63 ans

Je remercie le C.E.R. pour tout ce quil ma transmis (la thologie, la philosophie, le social), la connaissance de la parole du Seigneur. Jai acquis une trs bonne formation pendant mes trois annes.
Le monde chrtien catholique a besoin dtre form spirituellement.
Les cours du C.E.R. ont tout chang dans ma vie spirituelle.
Aprs mes trois annes de cours, je voulais suivre une formation pour tre diacre. Au fils des annes, lEsprit-Saint ma montr ma voie dans la vie de lglise. Aujourdhui, je sers ma paroisse, jassiste le cur pour les baptmes, pour les funrailles, pour les mariages. Je visite des malades, je porte la communion aux malades. Jaccompagne des plerins, etc... Je suis dans un groupe de prire et je fais des retraites spirituelles...

Laurent, promotion 2005

Jai beaucoup apprci les cours du C.E.R. que jai suivis de 2005 2008. Ces cours mont permis de fixer des connaissances sur des notions spirituelles et de mieux comprendre celles-ci. Les cours mont aussi permis de mieux redcouvrir ma foi et surtout de pouvoir lui donner un lan nouveau aprs quelques temps passs aux Equipes Notre-Dame Jeunes.
Ils mont aussi confort dans lide que la vie sur terre est sacre, quelle nous vient de Dieu seul et que lon ne peut pas faire nimporte quoi avec ce qui reprsente un don de Dieu.
Acqurir de nouvelles connaissances et avoir des repres dans la vie comme dans sa foi me parat fondamental pour vivre comme chrtien dans le monde actuel qui est un monde de plus en plus difficile. Heureusement que Dieu est avec nous malgr les preuves de la vie et quil y a la foi.

Jean-Brice, promotion 2004

Pourquoi suivre des cours de mtaphysique, de morale et de thologie au 21me sicle ?
Pourquoi simaginer quil puisse y avoir une pense plus vraie que les autres et mme croire quil puisse y avoir une vrit ? Tout notre entourage nous dit que la seule manire de bien vivre est la recherche du plaisir.
Rien de nouveau sous le soleil ! Dj les sophistes, il y a 25 sicles, affirmaient que toutes les opinions se valent, que lhomme est la mesure de toute chose, que seule vaut la rhtorique. Mais ils furent incapables den convaincre SOCRATE : ils pouvaient le dire, mais ils ne pouvaient pas le penser, car il est impossible de penser labsurde ! La philosophie tait ne et cest la Grce, que lEurope doit ce socle indestructible sur lequel sest btie notre civilisation.
Mais les civilisations sont mortelles !
Il nous faut donc revenir aux fondements, si nous voulons rapprendre penser. Et cest ce que nous offre le C.E.R., dirig par un normalien de haut vol, Claude PAULOT, licenci en thologie, docteur es-sciences et professeur des Universits.
Il ne ma pas t difficile de faire le voyage de Lille Paris, deux fois par mois, pendant trois ans pour assister ce cours merveilleux, qui montre le sens de la vie avec une logique rigoureuse.
La logique impitoyable dun spcialiste de physique quantique correspond parfaitement aux besoins de rigueur et de certitudes de lhomme moderne.

Jean-Pierre Caveau, promotion 1959
cur de St-Lambert de Vaugirard (Paris)

Jai suivi les cours de Jean Daujat en 1959/60 et 1960/61. Je cherchais un expos systmatique de la foi mais ce qui ma marqu, cest le temps que prenait chaque cours Jean Daujat pour inviter faire lexprience de la prire. Il incitait prendre fidlement, chaque jour, au moins 10 minutes pour le Seigneur et aussi prendre conscience de ce quon cherchait par-dessus tout, quoi on subordonnait tout le reste . Cette prise de conscience pouvait rvler nos incohrences et donner le got de se laisser unifier par le Seigneur.
En tout cas cest cela qui a port du fruit dans ma vie et je reste fidle cette invitation.

Une moniale bndictine, promotion 1965

Cest une joie de pouvoir exprimer toute la reconnaissance que je dois monsieur Jean Daujat. Jai suivi ses cours de philosophie, spiritualit, thologie avant mon entre au monastre en 1968.
A cette poque-l ctait dans un vieil amphi de la Catho , quasi-comble, et il ma t bon dy ctoyer des personnes de tous ges cest encourageant pour quelquun dencore jeune !
Jtais enseignante, tout en poursuivant des tudes scientifiques, jentrevoyais une vie religieuse monastique, et je ressentais le besoin dapprofondir et dtayer ma foi.
Les cours de monsieur Jean Daujat ont rpondu mon attente ; ils mont enrichie, aide ; ils mont donn des bases solides en philosophie et thologie, bien utiles pour lire les Pres de lglise et pour progresser ensuite.
Cest donc un MERCI que jadresse de tout cur au Centre dtudes Religieuses.

Pre Richard Corbon (promotion 1967)
religieux de St-Vincent de Paul

Dans les annes 1967-70, je rflchissais sur ma vocation, durant mes tudes de droit Assas (Paris-II). Ayant su, par un camarade de facult, lexistence du Centre dtudes Religieuses, je my suis inscrit volontiers.
Dans le contexte troubl de ces annes de contestations , les cours dispenss par Jean Daujat me furent dun prcieux secours. Il me fut donn de voir un lac engag sur un chemin troit, celui de la doctrine catholique, comme nourriture indispensable pour un tmoignage solide et serein, face un monde dsenchant et dboussol.
Javais apprci alors, particulirement, le cours de philosophie, de morale sociale et ceux sur le marxisme. Par la suite, durant mon apostolat auprs des jeunes, quelques annes aprs mon ordination, ces points de repre, clairs et bien charpents,me furent toujours trs utiles.
Cest dire toute la gratitude que je dois ce Centre dtudes Religieuses

Pre Jacques Germaix, promotion 1967
religieux de St-Vincent de Paul,
vicaire Notre-Dame de la Salette (Paris)

Le Centre dtudes Religieuses a jou un rle dterminant dans ma vie, et cela un double titre.
Tout dabord, les cours de Jean Daujat correspondaient parfaitement au besoin que je ressentais lge de 20 ans de recevoir une formation doctrinale solide, pleinement fidle lenseignement de lglise. Cette formation la fois doctrinale et spirituelle nous a beaucoup aids garder le cap face toutes les contestations desprit rvolutionnaire qui imprgnaient la socit et la vie de lglise vers la fin des annes 60 (jai suivi les cours du CER de 1967 1970).
Ce que jai reu durant ces trois annes ne peut pas seffacer et ma t fort utile aussi bien durant mes tudes au sminaire que par la suite tout au long de mon ministre.
Par ailleurs, la Providence veillait, qui nous conduit par des voies qui ne sont pas les ntres , car cest loccasion du cours du C.E.R. que jai fait la connaissance dlves paroissiennes de Notre-Dame de La Salette, dans le 15e Paris. Devenues des amies, elles mont fait connatre les Religieux de St Vincent de Paul, qui cette paroisse est confie. Ayant dcouvert les uvres de cette petite congrgation, notamment luvre des Patronages, jai entendu lappel du Seigneur ma consacrer Lui dans cette famille religieuse vou lvanglisation des petits et des pauvres .
Je munis laction de grce de tous les anciens lves pour qui le C.E.R. a t une aide prcieuse et dcisive sur le chemin de leur rencontre avec le Christ, lumire de notre vie

Une moniale dominicaine (promotion 1968)

Le Centre dtudes Religieuse a t la grande lumire quand javais perdu toute esprance. Ctait en 1967 ou 68 que jai t emmene par mon frre qui se prparait entrer dans un monastre. Jy suis alle de bon cur car jaimais connatre et jtais habitue des cours et des amphis , et jai tout dcouvert : la philosophie de ltre, la doctrine et lamour de lglise, la connaissance bien objective des textes et de la liturgie de Vatican II. Il ny avait ni proslytisme, simplement ce qui est, ce qui est vrai, et jai gard la foi dans les annes 70. Jai aussi dcouvert en le vivant travers les runions promenades annuelles, la vie familiale toute simple et chrtienne, lamour de la vie sacramentelle.
Ici, jai retrouv les cours de monsieur Daujat et je les relis souvent parce que cest une bonne grammaire pour entrer dans la philosophie de saint Thomas.

Pre Jacques-Marie GUILMARD (promotion 1968)
o. s. b. moine Solesmes

Jai connu Jean Daujat la fin de ma jeunesse. Une sur ane ma emmen ses confrences qui, si je ne me trompe, avaient lieu dans le 17e arrondissement de Paris. Je nen nai pas dautres souvenirs.
Aprs ma conversion la Nol 1967, je me suis inscrit au cycle de trois ans commenant la rentre scolaire suivante. Les cours avaient lieu lInstitut Catholique de Paris. Jtais lve lENSET, dans la banlieue sud, et poursuivais la matrise de mathmatiques la facult dOrsay. Je venais aux cours de Daujat mobylette, en apportant un gros magntophone pour enregistrer les confrences : lappareil tait suspendu mon cou et reposait sur mes genoux pendant le voyage. Trs vite, jai reconnu parmi les lves un condisciple de la facult dOrsay, qui avait probablement connu lexistence des cours par les tracts que javais distribus. Lui et moi avons li une amiti qui dure encore. En 1970, nous sommes alls tous les deux Solesmes pour une retraite. Cest l que je suis devenu moine en 1973. Cet ami a fait de mme en 1978. Il y a quelques annes, nous tions Solesmes cinq ou six anciens lves de Daujat.
Les cours taient prcds par un enseignement spirituel qui ma beaucoup marqu. En ralit, durant mon noviciat, le Matre des novices na fait que rpter et approfondir ce que javais reu de Daujat. Ainsi, cest Jean Daujat que je dois les fondements de ma vie spirituelle. Cest lui aussi que je dois le got de la messe quotidienne. Linfluence des cours sur moi fut moins nette, en ce sens que le cursus de thologie que jai suivi Solesmes tait beaucoup plus fouill. Il reste que les deux enseignements de Daujat et de Solesmes allaient exactement dans le mme sens

Pre Jacques de Lillers, promotion 1968
o.s.b. moine Notre-Dame de Triors

Jai fait la connaissance de Jean Daujat il y a juste quarante ans, exactement en octobre 1968, anne fatidique. Les vnements de mai avaient ractiv en moi le sens catholique et, aprs une retraite ignacienne avec les Pres CPCR Wissous, je mtais enfin dcid suivre une vocation qui me tenait au corps depuis une douzaine dannes. Les anciens retraitants des Pres Cooprateurs ntaient pas compltement laisss eux-mmes et les cours du regrett Matre faisaient partie du cycle de persvrance : du coup, je my inscrivais, tout comme je faisais la connaissance de Mr lAbb Gurin, alors sous-directeur de luvre dOrient, qui devait devenir mon directeur spirituel, et qui animait une messe hebdomadaire, toujours pour les anciens retraitants. Vous savez que, bien des annes plus tard, il devait fonder le sminaire de Voltri et la Communaut Saint-Martin. lpoque, comme vous pouvez le constater par ce babil, il ny avait pas de chapelles et les charismes respectifs sharmonisaient sans heurts, chacun apportant ses richesses. Jai donc appris beaucoup de Jean Daujat ; et, tout la fois, de celui qui devait devenir Mgr Gurin.
Ma formation premire tait scientifique pour une large part ; et plus encore pour le got, mme si joscillais entre lethno-anthropologie, lanthropologie prhistorique et la physique. Pratiquement, ctait la physique qui avait jusqualors fait lobjet de mes tudes universitaires et je me trouvais en troisime cycle de physique du solide (Orsay-Paris). Ce ntait pas de la physique selon mon got ; une sorte daberration de lesprit mavait fait annuler mon inscription en physique nuclaire : cas typique de consquence dune vocation religieuse contrarie. Quoi quil en soit, je raisonnais coup de modles mathmatiques ; et, si je riais quelquefois dun de mes vieux matres qui affirmait sans ambages : Pour moi, llectron cest une quation ; si, quant la mtaphysique, je faisais, pour plagier Mr Jourdain, de la prose sans le savoir ; si la retraite Wissous mavait replac devant les grandes ralits de la vie, je considrais un peu les philosophes comme des farceurs et la philosophie comme un ramassis de boniments (il faut bien que jeunesse se passe !). Ce fut Jean Daujat qui mintroduisit rellement dans le mystre de ltre ; par son intermdiaire, je reus une grce dont je vis encore et qui fut comme un blouissement pour lIpsum Esse Subsistens.
Je ne devais rester quun an au C.E.R. Abandonnant tout espoir de doctorat de troisime cycle, je fis lanne suivante mon service militaire, et, dans la foule, entrai ensuite lAbbaye de Fontgombault. Ici permettez une parenthse : mes changements dadresse successifs furent uniquement la consquence dobdiences imposes : Gricigliano, puis Triors, dont je suis maintenant moine, taient des fondations de Fontgombault. La premire, o je fus envoy ds le sacerdoce, ayant d tre ferm en 1990, je fus assign la seconde qui est devenu abbaye en 1994. Le regrett Matre fut un peu attrist de cet abandon brutal de ma part du cycle du C.E.R., mais il ne fut pas d ce que javais trouv auprs de lui et, en particulier, lenseignement dont javais bnfici. Simplement, jtais comme pouss par une fuse intrieure qui ne ma abandonn que lorsque je fus mis en orbite, soit dix ans aprs, en 1978, anne qui fut pour moi celle du sacerdoce. Durant lanne 69, outre la philosophie que jtudiais au C.E.R. (lisant aussi Gilson et Maritain), je minitiais la doctrine sociale de lglise (deuxime anne du cycle dtudes) et tudiais de trs prs La vie surnaturelle, qui tait le livre couvrant la troisime anne. Ainsi ma formation Daujat , pour raccourcie quelle ait t, nen a pas moins t quasi-complte. Elle devait me servir beaucoup dans les tudes de philosophie et thologie quil ma fallu absorber pour recevoir lordination sacerdotale. Paralllement, le mot spirituel au dbut de chaque cours, les rcollections (etc.), mont aid ne pas tourner en rond comme un protozoaire dans une bote selon la formule vengeresse de ma mre.
Le programme des trois annes dtudes et lesprit des cours ma toujours sembl particulirement russi. Il nest pas utile de noyer dans une rudition de dtail un auditoire qui vient de tous les horizons pour boire la source vive de la doctrine catholique. La foi de lglise repose sur un ensemble de certitudes, soit de raison, soit de foi, et cest celles-ci quil convient de mettre en lumire le plus fortement possible afin dasseoir des convictions solides qui pourront tre prcises par la suite. Cest faire ainsi un travail complmentaire de lenseignement proprement catchtique (mme celui du Catchisme de lglise Catholique) ; un travail qui est aussi un prliminaire ncessaire des tudes plus approfondies lesquelles, sil fait dfaut, ne se feront pas sans risque pour lquilibre chrtien et catholique de la pense. Cela, le C.E.R. le dispensait du temps de Jean Daujat et je veux croire quil en est toujours ainsi. LAquinate tait, bien sr, au cur de lenseignement donn, mais dans les grandes intuitions qui gouvernent sa synthse plutt que dans lesprit un peu tatillon qui caractrise bien des travaux modernes le concernant et qui naident pas toujours la comprendre sans le dformer et, dans la foule, sans dformer la pense de lglise. L-dessus, je pourrais donner des exemples mettant en cause des gens de grand mrite ; mais de ce travers, avec la grce du bon Dieu, le cher Jean Daujat ma prserv. Maintenant cest mon tour denseigner ma petite mesure, et je garde prsent lesprit les leons du cher Matre et sa faon de se recueillir en fermant les yeux tout en levant la tte avant daborder un nouveau point de la question en cours.

Pre Franois-Jrme Leroy (promotion 1970)
Pre du foyer de Charit de Baye

Je suis n dans une famille catholique pratiquante, et jai bnfici chez les frres des coles chrtiennes pendant 10 ans dun apport non ngligeable et dune catchse lpoque encore honorable ; jai eu aussi la chance dtre scout. Cest en prparation aux grandes coles scientifiques que, entran par un ami, je suivis les cours de Jean Daujat lInstitut Catholique de Paris. Cela sest fait non sans mal, et jai d my reprendre deux fois pour faire la premire anne de philosophie, sur 2 ans. Jai poursuivi jusquau bout, avec la deuxime anne et la troisime anne de thologie. Jai beaucoup apprci cet enseignement, surtout lorsque jai pu bnficier de travaux dirigs (si lon peut dire) avec un ancien lve. Jai mme demand, avec une certaine navet, sil y avait des examens de fin danne ! Jai suivi ces cours avec un ami (avec lequel jtais la fois en classes prparatoires et lcole Centrale) dans la fin des annes 1960, tant en prparation de 1964 1967 et ensuite lcole Centrale Paris de 1967 1970. Cette formation a t importante aussi pour la suite de mon cheminement : en effet jai profit de mes premires vacances salaries, commenant travailler chez Renault en 1970, pour aller pour la premire fois durant lt 1971 en Terre Sainte en plerinage organis par le Sacr-Cur de Montmartre. Cest l o jai commenc comprendre que la perspective dune vocation sacerdotale ntait pas une tuile ennuyeuse, mais une grce extraordinaire !
La dcouverte du pays de Jsus et de la Bible, en plerinage, dans un groupe de jeunes tudiants, ma puissamment aid pour cette prise de conscience de lamiti de Jsus. Il a encore fallu que je trouve un pre spirituel qui maide, jeus cette chance avec Mgr Maxime Charles, recteur du Sacr-Cur. En 1974, sur son conseil, je suis entr au sminaire universitaire de lInstitut Catholique de Paris (dit sminaire des Carmes) pour le diocse de Paris, tout en gardant le contact avec lui.
La formation avec le C.E.R. fut dautant plus apprciable que dans ce sminaire universitaire, aprs les annes 1968, les cours reus laissaient dsirer quant la formation solide que lglise recommande avec st Thomas dAquin. Grce Jean Daujat, au cardinal Jean-Marie Lustiger, au pape Jean-Paul II entre autres, je pense que la situation de lEglise est bien meilleure aujourdhui et jen rends grce Dieu. Merci Claude Paulot davoir relev le dfi de la relve pour cette formation solide qui est indispensable, pas moins aujourdhui quhier ; je ne manque pas loccasion de conseiller cette formation ceux qui peuvent y accder facilement dans la rgion parisienne et je reviendrai avec joie prcher une rcollection pendant le prochain Carme le dimanche 15 mars 2009. Je rends grce Dieu pour ce dfi de la collaboration entre prtres et lacs (fortement recommande par le Concile Vatican II) dans lequel Jean Daujat fut un pionnier.
Rentr au sminaire des Carmes en 1974 je dcouvris en 1976 un autre trsor, celui des Foyers de Charit, me rendant pendant lt pour la premire fois en retraite avec le pre Finet Chteauneuf de Galaure, et je suis all voir Marthe Robin. En 1978, le sminaire me demanda de morienter plutt du ct des religieux. Cest alors que jai pass lanne 1978/1979 en stage lcole de garons de St Bonnet de Galaure, dcouvrant les foyers de charit de lintrieur, faisant de la surveillance, du voiturage, du secrtariat, de la catchse, dmarrant un groupe de Lgion de Marie junior avec laide de Marthe Robin ! Vers le printemps, le pre Paul Eberhard est pass pour parler aux Terminales de la petite communaut sacerdotale ND de la Sagesse fonde par lui vers 1970... dans laquelle je suis entr. Jai fini ma formation en Suisse, Fribourg, bnficiant dun corps professoral de dominicains remarquables : M.D. Philippe, C. Spicq, S. Pinckaers, J.H. Nicolas, D. Barthlmy, G. Bedouelle, etc... Ordonn prtre le 7 octobre 1981, jeus ensuite la chance dtre 13 ans chapelain au Sacr-Cur de Montmartre, puis 2 ans cur dans le diocse de Rouen avec un de mes confrres de ND de la Sagesse pour enfin devenir pre du foyer de charit de Baye en 1998. LEsprit Saint relve dans les Foyers de Charit, de Lumire de Charit et dAmour le dfi de cette collaboration prtres et lacs... et de la formation thologique solide, dune autre manire que le C.E.R. Le pre Finet parlait de sminaires pour lacs propos des retraites fondamentales (appeles auparavant retraites de chrtient) de 6 jours dans les Foyers de Charit, dans un contexte daccueil familial confortable. Jean Daujat relevait lui-mme ce dfi de la spiritualit et de la thologie dans ses cours, navons-nous pas le mme dfi relever, autrement ? Nos retraites ne sont pas de simples retraites de prire, mais sont aussi des retraites denseignement durant lesquelles est prsente une synthse de la foi catholique, dans toute sa beaut. Et tous ceux qui cherchent la vrit sur Dieu sont les bienvenus, catholiques ou pas... Je pense quil y a entre la formation long terme dans le C.E.R. et cette formation concentre pendant 6 jours une complmentarit trs heureuse, sans oublier ce qui peut se faire dans chaque diocse, dans chaque paroisse.
Dieu soit bni pour le printemps que lglise connat, la ralisation de cette nouvelle Pentecte quannonait Marthe au pre Finet ds 1936 !
Voil mon tmoignage personnel : le Seigneur crit droit en lignes courbes, et je vous remercie pour cette occasion de relire Son accompagnement fidle tout au long de la vie. Puisse ce tmoignage aider des jeunes Lui faire confiance pour russir, avec Lui, leur vie : cela passe si vite, une vie !

Mgr Patrick Le Gal, (promotion 1972)
vque aux armes

A lt 1972, javais suivi une premire retraite de chrtient au Foyer de Charit de Chteauneuf de Galaure sous la houlette du Pre Finet. Ses enseignements offraient comme une fresque dune grande cohrence et trs clairante de lensemble de la doctrine chrtienne. Restaient cependant beaucoup de questions en suspens. Cest ce qui me conduisit suivre les cours du Centre dEtudes Religieuses (de 72 75) quun frre et un oncle avaient dj suivis et mavaient fait connatre.
Demble japprciais le lien quoprait Jean Daujat entre Vivre le christianisme et Connatre le christianisme , travers le quart dheure de spiritualit qui ouvrait chaque cours. videmment, le commentaire du felix culpa de lExultet pascal, qui intervenait -si je me souviens bien- au second cours tait un moment particulirement attendu et je suppose que, chaque fois, lassistance se demandait si Jean Daujat, pris par une sorte dextase, nallait pas tre happ directement par le ciel au terme de ce tmoignage de foi tonnant ! Lenseignement sur lappel la saintet me laissa aussi une forte impression et je men souvins quand, plus tard, je dcouvris le chapitre 5 de la Constitution Conciliaire Lumen Gentium sur lappel universel la Saintet.
Certains lves trouvaient un peu austre lenseignement ex cathedra sur des sujets eux-mmes difficiles et trs condenss, notamment la premire anne avec lintroduction philosophique. Visiblement, les prtentions pseudo-pdagogiques de mai 1968 navaient pas branl lautorit doctrinale de Jean Daujat : il nous nourrissait de la viande serre de la pure doctrine, plutt que de nous servir une soupe sans consistance faites dchanges et dhypothses vagues, et je lui reste trs reconnaissant de cet enseignement exigeant mais formateur.
A vrai dire, javais la chance de ne pas suivre ces cours seul. Un ami, qui avait intgr la mme grande cole , maccompagnait. Nous nous encouragions lun lautre. Bien plus, nous redonnions, mois aprs mois, un cho des cours entendus un petit groupe dlves de la mme cole qui partageaient notre recherche et notre intrt pour approfondir notre foi. Cela nous obligeait retravailler les cours, faire quelques lectures complmentaires ( Y a-t-il une vrit ? ntait pas, alors, paru, mais La vie surnaturelle et Lordre social chrtien taient dj disponibles). Quand, plus tard, jeus la chance de pouvoir suivre un enseignement universitaire approfondi en philosophie, puis en thologie, je pris davantage conscience du bienfait des cours de Daujat -comme nous disions- qui mavaient donn un cadre prcis et une introduction qui prparaient et facilitaient cette nouvelle tape de formation.
Il faudrait aussi voquer lutile complment quapportaient la proposition de rcollections annuelles, pour les lves et les anciens lves du Centre dtudes Religieuses, et les fameuses journes de campagne, qui permettaient de tisser quelques liens avec dautres lves.
En 74, il y eut ainsi une journe sur les pas de Pguy, avec la lecture de quelques extraits de ses plus clbres posies. Je garde en mmoire les dclamations solennelles et vibrantes, par Jean Daujat, de ces vers -que je dcouvrais alors-, en la collgiale de Dammartin-en-Gole, puis au lieu o Pguy tait tomb 60 ans plus tt : heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle ...
Apparaissait l toute louverture culturelle de Jean Daujat, ami des arts et des lettres, dont tmoignaient aussi les comptes-rendus prsents dans le Bulletin.
Certes, ce que je retiens dabord de ces trois annes de cours au C.E.R., cest sans doute la force du tmoignage, la conviction de foi et dattachement lglise, la qualit du professeur se centrant sur lessentiel. Mais tout cela sclairait dun vritable humanisme chrtien projetant une lumire sur ce qui ntait plus seulement un groupe dtudiants, mais dj quelque peu une famille spirituelle.

Pre Bernard de la Borderie (promotion 1972)
o. s. b. moine St-Benoit de Palendrini (Lituanie)

Cest, entran par un ami, que jai t amen suivre les cours de Jean Daujat. Ctait lautomne 1972. Peu de temps aprs, je fis une retraite dans un Foyer de Charit (Chateauneuf-de-Galaure). L jeus la claire conscience dun appel de Dieu lui consacrer le reste de ma vie.
Ainsi les cours du C.E.R. devenaient une lointaine prparation aux tudes de philosophie et de thologie que je devais faire par la suite. Jajoute que lenseignement spirituel que Jean Daujat nous apportait au dbut de chaque cours fut pour moi un rel stimulant.
Jean Daujat me fit prendre de plus en plus conscience 1) que vie chrtienne et vie profane ne sont pas deux ralits juxtaposes. 2) que foi et raison ne sopposent pas, et qu un certain niveau dtudes profanes doit correspondre un niveau de connaissance et dintelligence de la foi. Tandis que lglise traversait les turbulences des annes post-conciliaires et post-soixanthuitardes, le C.E.R. ma certainement aid fixer des repres pour mon intelligence et pour ma foi.
Au terme de mon service militaire, jentrai au noviciat de Solesmes lautomne 1976. En 1981 je mengageai dfinitivement dans la vie monastique et fus ordonn prtre en 1986. Je revins alors au noviciat pour quelques annes pour collaborer la formation des plus jeunes. Je fus ensuite appel travailler linfirmerie du monastre.
Au dbut de lanne 1997 je fus un des douze moines dsigns par le Pre Abb pour participer la fondation dun monastre en Lituanie. Jacceptai avec joie cette marque de confiance. Le groupe arriva en Lituanie au printemps de 1998. La vie monastique commena dans une maison qui est maintenant rserve laccueil des htes (hommes, femmes, petits groupes) ; 300 m de l, sur un terrain de 70 ha, on construisit un monastre o nous nous sommes installs lautomne de 2001.
Le service de la prire et spcialement de la prire liturgique demeure notre premier engagement. En lien avec cet apostolat de la prire nous publions pour la quatrime anne conscutive un missel des dimanches en lituanien. Auparavant il nexistait pas de missel pour les fidles.
Aprs la priode dadaptation et, en particulier, dapprentissage de la difficile langue lituanienne nous portons notre effort sur la formation des jeunes moines. le dernier des quatre frres lituaniens que compte la communaut est entr au noviciat en 2001. Il poursuit ses tudes de thologie par correspondance et en suivant rgulirement des sessions dans des monastres francophones, dans le cadre du S.T.I.M. (Studium Inter-monastique).
Laccueil des htes et des personnes de passage venus pour participer la liturgie, est aussi un lment important dans la vie de la communaut.
Dix ans aprs notre arrive en Lituanie, les conditions de vie dans le pays ont considrablement chang. Le temps parait lointain o de jeunes lituaniens venaient frapper la porte de labbaye de Solesmes pour devenir moines. Cela se passait au dbut des annes 1990. Les jeunes lituaniens daujourdhui ont grandi dans un pays libre. Ils nont pas, comme leurs ans, particip llan spirituel qui accompagna laccs de la Lituanie lindpendance (1991). Ils respirent pleins poumons lair de la socit de consommation et des plaisirs faciles. Cela explique, au moins en partie, la baisse gnrale des vocations ici aussi, qui touche particulirement notre monastre.
Nous essayons de vivre cette preuve comme un temps de purification, une invitation plus de fidlit notre vocation monastique, et nous remercions le Seigneur pour les nombreuses grces reues ici au cours de ces dix annes.

Une bndictine dArgentan, promotion 1973

Je suis la quatrime fille dune famille de six enfants. Maman tait croyante et pratiquait. Papa tait beaucoup plus rserv sur le plan religieux mais il laissait Maman libre. Aussi avons-nous tous t baptiss et catchiss. Je signale tout de suite que Papa, impressionne par lexemple de son pouse, viendra petit petit une pratique rgulire, allant jusqu demander le sacrement de la confirmation quil reut dans notre glise abbatiale lge de 72 ans !
lge de 18 ans, je partis un an aux USA, dans un campus universitaire de la Caroline du Nord : ctait en septembre 1968 ! Cette sparation du milieu familial, jointe lambiance dltre des annes 68, me fit prendre beaucoup de distance par rapport la foi que je laissai peu peu tomber. Je crois que ce qui me sauva du prcipice o je mapprtais tomber, cest un amour passionn pour la vrit. Je disais volontiers cette poque-l que peu mimportait dtre heureuse ou malheureuse, mais que lessentiel pour moi tait de trouver la Vrit. Jcris ce mot avec un V majuscule car, de fait, je limaginais un peu la manire dune Ide platonicienne que jallais rencontrer un jour ou lautre. Et au fond je ne me trompais pas tellement car effectivement je lai rencontre en la Personne de Jsus si ce nest que le Verbe Incarn est beaucoup plus quune Ide. Mais jtais loin de men douter lpoque. Pour trouver cette fameuse Vrit , javais dcid dentreprendre, au sortir du bac, une licence de philosophie et, en mme temps, une licence de mathmatiques. Il me semblait que ces deux domaines taient de nature pouvoir conduire la Vrit . Mais mon voyage aux Etats-Unis, qui se situe entre le bac et ma premire anne universitaire, mavait rendue plus raliste, plus prs de la vie concrte et je ralisai quil tait difficile de faire en mme temps une licence de philo et une licence de maths, surtout Nice o jhabitais et o les deux facults taient aux antipodes lune de lautre. Un jour que je me baignais dans la Mditerrane, je rencontrai une ancienne camarade de lyce. Je lui demandai :
- Que fais-tu comme tudes ?
-Des tudes de Science Economique ;
- Cest intressant ?
- Trs
-Bon, eh bien, cest que je vais faire.
Jentrepris donc une licence de science conomique Nice et une matrise Paris. Et bien men a pris car jy rencontrai un groupe de jeunes chrtiens qui me rapprocha de la foi de mon enfance et notamment une certaine Bernadette, fille trs profondment religieuse, qui devint ma grande amie et dont je suivis tout le cheminement jusqu son entre chez les Bndictines dArgentan et que je rejoignis un an plus tard.
Pour ce qui est de ce que le Centre dtudes Religieuses ma apport vous le devinez aisment. Cest pendant mon anne de matrise Paris que je le rencontrai. Il maida assouvir cette soif de connaissance et de vrit que mon intelligence ressentait depuis mon adolescence et il lorienta, de faon dcisive, vers la philosophie aristotlicienne et la pense de Saint Thomas qui lont toujours comble. Une fois entre au monastre, notre Mre Abbesse me demanda de complter ma formation philosophique grce des cours par correspondance avec lIPC. Et cest ainsi que jai pu enseigner la philosophie aux jeunes Mres de la Communaut pendant 12 ans puis la thologie toute la Communaut pendant 8 ans. Actuellement jenseigne encore la thologie au noviciat et je ne cesse de lire et dtudier cette matire pour mon propre plaisir. Comme quoi le Saint Pre Benot XVI a bien raison quand il dit : Nayez pas peur de vous donner au Seigneur ; il nenlve rien et il donne tout.

Mgr Jean-Pierre BATUT (promotion 1973)
vque auxiliaire de Lyon

Pour introduire le rcit de sa conversion, Paul Claudel parle de ces tristes annes quatre-vingts, [o] jamais le joug de la matire ne parut mieux affermi . Jaurais envie, pour ma part, de dire, un sicle de distance : ces tristes annes soixante-dix .
Oui, elles taient bien tristes, ces annes soixante-dix marques dans lglise par un aprs-concile donnant limpression dune vritable dcomposition du catholicisme (L. Bouyer), et dans la socit par les dbuts dune crise nihiliste sans prcdent, dont nous sommes trs loin dtre encore sortis.
Cest alors que le tout jeune tudiant que jtais tomba sur une affiche du Centre dtudes Religieuses. Je navais jamais entendu parler de Jean Daujat, et encore moins, dans mon anne de Terminale, de son matre Jacques Maritain. Mais jcoutai le premier avec le sentiment paradoxal de pouvoir malimenter la source dune tradition aussi ancienne que lglise, et dentendre enfin du nouveau dans un monde o tous ressassaient les mmes poncifs. Quant au second, dsireux den savoir davantage, je me lanai dans la lecture de quelques-uns de ses ouvrages, qui me poussrent vers saint Thomas et bien dautres auteurs encore.
Je ne peux dire que le dsir dtre prtre a grandi en moi la faveur des enseignements de Jean Daujat : il a grandi tout simplement au contact de prtres, dont la belle figure sacerdotale claire toujours ma vie. Mais il se trouve que la question de devenir prtre sest pose pour moi au moment mme o jtais lve de Jean Daujat, et la nourriture que ses cours apportaient mon intelligence a fait grandir ma foi et soutenu sans nul doute ma vocation naissante.
Je lui en serai toujours reconnaissant et, pour cette raison, je souhaite le plus bel avenir luvre quil a fonde.

Sur Marie-Noyale o.p.
dominicaine du Saint-Esprit
(Marie-Annick LE FLOCH, promotion 1974)

Je ne puis laisser sans rponse linvitation reue partager avec tous ceux qui liront ce bulletin la joie davoir rpondu lappel de Dieu et tmoigner en particulier sur ce que les cours du Centre dtudes Religieuses vous ont mont- apport . Ces lignes seront en mme temps lexpression de ma reconnaissance.

Je venais de passer mon baccalaurat (C lpoque juin 1973) dans un lyce parisien du nom prestigieux dHenri Bergson dont jignorais alors la grandeur intellectuelle et morale dans sa qute de la vrit. Il ne reprsentait pour moi que les btiments dun lyce de deux mille lves o enseignaient de nombreux professeurs comptents et consciencieux mais o le souffle destructeur de mai 1968 stait dj bien engouffr. Jy ai connu en 1967 la dernire distribution des prix officielle et solennelle la Mairie de larrondissement, les derniers tableaux dhonneur trimestriels , les dernires ftes de la Saint-Charlemagne en janvier, qui runissait pour un goter sympathique les lves qui avaient mrit les Flicitations ou les Encouragements sur leur bulletin du premier trimestre. Puis ce fut lpoque des dlgus de classe qui assistrent aux conseils de classe ct des professeurs, lpoque des Meetings et des Seetings , lpoque des ptitions en tous genres. Lirrespirable atmosphre neutre asphyxiait spirituellement ceux qui navaient pas la grce de pouvoir soxygner dans la Foi, en dautres lieux.
En section scientifique, la philosophie tait considre par nombre de lycens comme discipline de seconde importance mais les lves taient travailleurs et ctait l une relle supriorit de la section C. On y chahutait rarement. Cependant la studiosit des cours de philosophie se ressentait un peu de ce manque denthousiasme son gard. Ce fut leffondrement quand notre professeur dclara lui-mme ds les premiers cours son intention anti-religieuse : Est-ce quil y a des lves qui croient en Dieu parmi vous ? Plusieurs dentre nous levrent la main : des catholiques et aussi plusieurs juifs pratiquants qui taient nombreux dans ce lyce. Nous nous entendmes dire qu la fin de lanne nous aurions perdu nos convictions. Il y eut des plaintes de parents dlves. Le professeur dailleurs, dont lallure et le comportement suffisaient discrditer ses leons, fit une sorte de crise nerveuse pendant lun de nos cours. Nous ne le revmes pas et nous emes plusieurs remplaants successifs inexpriments pour terminer lanne. Autant vous avouer que je nai rien retenu du contenu de ces heures sinon limportance du mythe de la caverne chez Platon et le nom dAuguste Comte et son positivisme . Nous nous demandions, mes camarades et moi, comment nous pourrions aborder lpreuve du baccalaurat qui avait encore une relle consistance. Je me rappelle avoir pris le sujet de dissertation sur la libert et lavoir trait avec tout le bon sens et les rfrences dauteurs que je pouvais trouver dans mes connaissances non philosophiques dalors. Et je men tirai je men souviens encore, car ctait toute mon ambition- avec un 10 !
Jhsitai mengager dans des tudes de mdecine vers lesquelles mon pre inclinait. Elles taient longues et je pressentais que la formation purement mdicale (biologie, technique...) ne suffisait pas pour faire un bon mdecin. Il y fallait une vraie formation humaine et morale. Je me sentais trop jeune, trop peu arme intellectuellement pour affronter et rsoudre les cas de conscience que jentrevoyais et les combats mener pour la dfense et le respect de la vie. Dautre part, je me sentais attire vers lenseignement et vers la vocation. Le jour o jallai constituer mon dossier, encore hsitante, rue Saint-Andr des Arts, pour lentre en facult de mdecine, tait le jour mme de la clture des inscriptions. Et jarrivai trop tard. Jallai donc, le cur finalement soulag, minscrire la facult Paris VI de Jussieu pour y entreprendre des tudes de mathmatiques et sciences physiques, plus courtes et plus en rapport avec les perspectives de Dieu. (Le professeur Lejeune y avait encore un bureau et un cours, je crois).
Je mesurais, ds la premire anne, laustrit de lemploi du temps ne comportant plus que des cours scientifiques, rclamant concentration et abstraction. Mais ctait sans regret. Un cours de chimie atomique et une U.V. (= Unit de Valeur) sur lhistoire de lastronomie me captivrent et jen garde depuis lors un inpuisable sentiment dmerveillement pour luvre de la Cration. Les tudiants taient dans lensemble motivs, studieux, cependant ctait lanonymat presque complet et les conversations ne quittaient que rarement la banalit, se rduisant quelques changes de mots (ou de calculs !). Pour quilibrer cette formation trop exclusive, jprouvais le besoin profond et urgent de mouvrir la vraie philosophie, ou, si vous voulez, la philosophie du vrai. Car mon esprit ntait sur ce plan que vide, et donc que soif. Si lesprit se nourrit de vrit, et certes (a+b)= a+2ab+b en est une respectable et utile, il aspire la Vrit toute entire (St Jean XVI /13), la vrit philosophique, la vrit thologique, au Dieu-Vrit. Je voulais pouvoir accorder en moi raison et foi, et suivre lexhortation de Saint Pierre dtre toujours prts la dfense contre quiconque vous demande raison de lesprance qui est en vous (I Pierre III / 15).
Cest alors quune amie, ancienne lve et institutrice de lcole Saint-Pie X tenue par les Dominicaines du Saint-Esprit Saint-Cloud, avec qui je faisais du scoutisme, me suggra de suivre avec elle les cours de Jean Daujat. Je me laissais volontiers entraner la Catho. , le samedi aprs-midi chaque quinzaine. Ce fut pour moi profondment formateur. Jassistais un magnifique cours magistral . Lassistance tait extrmement diversifie (gnrations, horizons culturels, milieux, motivations...) et tait par elle-mme la preuve tangible de luniversalit de la vrit. Dans lamphithtre, il y avait un silence et une coute remarquables. Personne naurait eu lide dinterrompre Jean Daujat. La premire vrit pratique enseigne tait que pour apprendre, il faut savoir se taire et jimaginais un peu ce quavaient pu tre les cours magistraux de saint Thomas dAquin lUniversit de Paris au temps o elle fut fonde par lglise en entendant lun de ses disciples du XXe sicle. Le cours tait trs construit, trs clair. La parole de Jean Daujat tait dun dbit assez tranquille pour quon puisse suivre sa pense sans effort excessif. On sentait le silence de la salle bien vivant, rempli des rflexions intrieures des auditeurs. Il y avait une activit intellectuelle paisible, ordonne. Tous les assistants, du reste, avaient choisi dtre l, librement, par intrt, gratuitement. Il ny avait que des lves volontaires. je pense que Jean Daujat a pu goter l lune des plus pures joies dun professeur. Il la mritait bien, car son dvouement son uvre tait sans faille. Au dbut des cours, il rpondait aux questions crites sur des billets, que certains dentre nous dposaient sur son bureau. Ctait rapide. Les questions tant anonymes, il ny avait que rarement de dialogues ce moment l : ctait une faon de respecter et dpargner le temps de chacun et de tenir un programme de cours bien chronomtrs. Ceux qui voulaient pouvaient toujours converser avec Jean Daujat et sa femme la sortie. Une fois ou lautre je les ai salus, mais je regrette maintenant de ne pas les avoir connus davantage. Jaurais aim parler de lesprit scientifique puisque Jean Daujat avait en ce domaine une haute comptence, parler de Jacques Maritain quil avait bien connu, parler dart avec madame Daujat parce quelle peignait admirablement. Jai su un jour quils navaient pas eu denfants et jai compris que Dieu leur avait rserv travers cette preuve une magnifique fcondit : il suffisait de voir la salle de cours se vider au milieu dun joyeux brouhaha. Ctait leur famille largie. Je crois quils invitaient parfois des lves leur table. Si javais

Pre Bruno Lefvre-Pontalis (promotion 1975)
cur de Saint-Lon (Paris)

Ma participation au Centre dtudes Religieuses avec Jean Daujat, lorsque jtais jeune tudiant, fut certainement un lment important de ma formation et de la construction de ma vie chrtienne et spirituelle.
Jean Daujat ma appris investir mon intelligence dans la recherche de la Vrit et du Bien. Des bases solides ont assurment t poses ce moment l qui auront certainement contribu au discernement de ma vocation de prtre, quelques annes plus tard.
Bravo pour le beau travail que vous continuez daccomplir dans la fidlit lintuition du fondateur. La formation demeurera toujours dune importance capitale pour les fidles chrtiens

Une Servante des Pauvres, promotion 1976
Congrgation des Servantes des Pauvres
www.servantesdespauvres-osb.org

Ma vocation a commencé par une rencontre : sur les bancs de la faculté, une étudiante chrétienne est venue un jour vers moi, et nous avons lié connaissance. Quelques temps après, je lui ai fait part de mon désir de trouver un endroit où l’on chantait du Grégorien ; elle m’a alors parlé d’un prêtre qu’elle connaissait, aumônier d’une Communauté chrétienne d’étudiants, dans laquelle on chantait du Grégorien et dans laquelle – a-t’elle ajouté – « il y a beaucoup de vocations » : j’ai été irrésistiblement attirée. Cette amie m’y a emmenée, c’était le « viens et vois » de l’Evangile (Jn 1 v39 et 46) Je suis allée et j’ai vu : j’ai trouvé une communauté ecclésiale fraternelle, une vie liturgique, un pasteur allant à la rencontre des brebis qui faisaient un pas vers lui et plein de sollicitude pour elles, un enseignement de la foi, les moyens offerts pour une vie chrétienne –et en particulier sacramentelle- intense : confessions régulières et fréquentes, communion la plus fréquente possible (et le rythme ne tarda pas à devenir quotidien pour moi), récollections dominicales régulières ancrant fortement en nous le sens de la sanctification du Dimanche, pèlerinages d’été, de WE ou de petites vacances alliant le « temps fort » spirituel avec la vie fraternelle et la détente, rencontres des jeunes avec des Communautés religieuses. Dans le même temps, j’ai fait connaissance avec le CER où j’ai reçu un enseignement systématique et complet de la Foi chrétienne, avec la nécessaire formation philosophique de première année. Ce cours a ancré fortement en moi l’amour de la Doctrine, de son expression en des formules exactes, complètes, claires, concises et simples, qui apaisent et nourrissent l’intelligence et le cœur, tout en se fixant aisément dans la mémoire. Dans le sillage du CER, j’ai noué aussi des relations dans lesquelles s’alliaient, et le désir de connaître la Vérité et de grandir dans une formation chrétienne vraie et solide, et la joie de l’amitié : je garde une immense reconnaissance envers les amis qui ainsi, très simplement, m’ont tant aidée à cette période de ma vie.
En relisant par le souvenir tous ces évènements, je me rends compte que cette grâce inouïe de la vocation a pu aboutir et porter ses fruits en moi, parce que je me suis trouvée plongée dans un milieu très favorable tel que je l’ai décrit plus haut, parce que j’ai trouvé auprès du père le guide spirituel qui a su venir vers moi, comprendre les attentes que je ne savais pas expliciter, m’aider à discerner l’appel de dieu ainsi que le lieu où Dieu me voulait, m’en parler lui le premier et c’était au Nom du Seigneur ; tout cela dans un très grand respect de ma liberté qui est toujours restée entière. Ainsi la terre de mon cœur a été préparée à reconnaître et à accueillir la rencontre personnelle et directe avec le Christ, celle de l’appel décisif. Je sais maintenant, de science expérimentale, que cette grâce du « oui » je la dois à beaucoup de prière et de souffrance offertes et appliquées à moi dans le Mystère de la communion des saints, ce mystère où réside toute vraie fécondité spirituelle ; et le Seigneur me dit maintenant : « va, et toi aussi, fais de même ! »
Cela fait 30 ans que je suis entrée dans l’Institut religieux des Servantes des Pauvres, oblates bénédictines, qui soignent et servent chez eux les malades Pauvres, ces membres souffrants du Christ en lesquels à la fois Celui-ci se voile et se révèle ; et il me semble que c’était hier. Si c’était à refaire, je le referais sans l’ombre d’une hésitation. Au cours de ces 30 ans, j’ai rencontré aussi la Vierge Marie, et le chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui c’est à elle que je le dois : son Cœur maternel, immaculé, est mon refuge dans les difficultés qui ne manquent jamais dans aucune vie chrétienne et religieuse. Ce Cœur est l’école où j’apprends la science suréminente de Jésus-Christ dans l’Écriture et où j’apprends le Bel-Amour, il est l’Arche d’Alliance où je suis unie au Seigneur dans la Liturgie, dans l’oraison, dans notre vie familiale bénédictine et dans notre service contemplatif des Pauvres ; il est ma forteresse où je reçois la force de perdre chaque jour ma vie « à cause du Christ et de l’Évangile » ; ce Cœur est mon chemin de sainteté, ma joie, ma paix, mon absolue sécurité car je sais qu’il me conduira à la vision éternelle de la Face du Christ , l’Objet de la quête inlassable de toute Servante des Pauvres : à toi qui me lis, mon frère ou ma sœur dans le Christ, ce Cœur de Marie, ce Cœur immaculé, est à toi aussi, car à toi aussi le Christ a donné Marie pour Mère quand il mourait en Croix pour toi ; attache-toi à ce Cœur sans réserve, comme Dieu le veut, et sois alors sûr que tu parviendras là où Dieu te veut !

Mgr Michel Aupetit (promotion 1980)
vque auxiliaire de Paris

Jai reu ma crance de ma mre, comme le disait jadis Jehanne dArc. Nanti de cette relation intime avec le Seigneur quelle ma apprise dans la prire et de la certitude, non encore explicite, que leucharistie est le cur de la vie chrtienne, jai travers lenfance et ladolescence sans avoir beaucoup loccasion de parler de Dieu. En effet, dans ma famille ce sujet tait rarement voqu et mes frres, ainsi que mes amis denfance, ne semblaient pas curieux des ralits spirituelles ou de leur pratique.
Vers 20 ans, la visite de Tmoins de Jhovah, ma fait prendre conscience de la pauvret de mes connaissances religieuses et de lincapacit de soutenir une controverse thologique devant des gens assurs. Aussi jai achet ma premire Bible, dcid asseoir mes connaissances sur un substrat plus solide. En outre, mes camarades de facult, posaient des questions auxquelles je ne savais pas vraiment rpondre. Je mesurais le redoutable hiatus entre mes tudes profanes qui me conduisaient vers des connaissances approfondies en mdecine et la carence sensible de mon savoir religieux qui sarrtait, au mieux, au niveau du CM2. Nayant ni rfrent ni mode demploi, je lisais la Bible la manire dun roman en commenant par le dbut et poursuivant ma lecture de manire cursive. Je compris rapidement que je faisais fausse route et que la diversit des livres de lcriture ne se laissait pas apprhender de manire aussi triviale. Alors, ayant dcouvert au dtour dune prospection bibliophile, la collection Encyclopdie catholique du XX sicle qui comprenait de nombreux fascicules sur lintelligence de la foi dans tous les domaines de connaissances : scientifiques, thologiques, historiques, philosophiques, je dcouvrais, merveill, la richesse de lenseignement de lglise et sa capacit dune unit spirituelle qui pouvait satisfaire mon esprit avide dharmonie.
Cest quelques temps aprs, jeune mdecin frachement install, qu la sortie dune messe dans une glise de passage, je dcouvris le tract du Centre dtudes religieuses. Honntement, ce qui ma dcid ce sont les horaires qui convenaient bien mon emploi du temps. Le programme, tel quil tait prsent, semblait correspondre ce que je recherchais. Donc ds la rentre 1980-1981, je minscrivais auprs de Mr Jean Daujat lInstitut Catholique o les cours avaient lieu alors. En alternance, suivant les jours o je pouvais tre prsent, cest Mr Jean Daujat ou Mr Claude Paulot qui donnaient ces cours. Demble, jai t saisi par la riche nourriture intellectuelle, un peu exigeante au dpart, mais qui permettait une vritable intelligence de la foi. Jy ai dcouvert la philosophie, qui ntait pas cette laborieuse recension des ides que lon apprend en classe de terminale, mais une utilisation pratique de la raison qui claire lintelligence. En deuxime anne, la morale chrtienne sociale et familiale associait harmonieusement savoir et savoir tre et ma permis dunifier ma vie chrtienne. La thologie de troisime anne permet de saisir la grande cohrence de la doctrine de lglise partir des mystres et darticles de foi, priori difficiles daccs par la seule raison.
Ce qui ma beaucoup aid et qui est particulier au Centre dtudes Religieuses, cest lenseignement spirituel qui tait systmatiquement donn au dbut de chaque cours. Il ma permis de frquenter avec bonheur la messe en semaine laquelle, vrai dire, je navais jamais song. En outre, bien que priant depuis longtemps, jai commenc pratiquer loraison, avec difficult au dbut, mais la persvrance et les lectures spirituelles conseilles mont permis den apprcier rapidement les fruits.
Plus tard, lorsque jai entendu lappel du Seigneur, aprs quelques rsistances, je me suis rendu compte de lutilit de ces trois annes. Car lenseignement donn au sminaire est trs riche et vari, mais quelquefois manque dhomognit. Lavantage du cursus du CER a t de montrer la logique et la cohrence de notre foi dans un enseignement discursif et synthtique. Tout est li et lon comprend pourquoi ce qui a t tudi en premire anne est utile lensemble de lenseignement.
Cest avec beaucoup de gratitude envers Mr Jean Daujat et Claude Paulot que je donne cet humble tmoignage en esprant quil permette dautres de profiter de ces annes de formation si utiles la vie chrtienne et la mission de tmoigner du bonheur dtre chrtien qui incombe tous les baptiss.

Patrice PELLEN (promotion 1986)
Prêtre du diocèse d’Evry

Vous me rappelez de bons mais lointains souvenirs ! En effet, j'ai suivi les cours du "CER" (surtout ceux du Samedi après midi avec Claude Paulot), il y a près de 20 ans... Médecin hépato-gastro-entérologue (j'ai pratiqué pendant 20 ans), mon appel persistant à une vocation religieuse attendait de se concrétiser. Dans cette attente, en particulier, j'étais oblat de l'abbaye de Saint Benoît sur Loire. Et, c'est sur les conseils enthousiastes de mon ami Michel Aupetit (alors médecin et actuellement Vicaire Général de Paris ...) que je me suis inscrit au CER. De l'enseignement de feu Mr Jean DAUJAT et de Mr Claude PAULOT, je rends grâce. Sa force essentielle, me semble t-il, fut de faire adhérer ma raison aux vérités révélées par le don de la foi. Une anticipation de l'encyclique: " foi et raison." A l'instar de Saint Augustin: "Je crois pour comprendre, et je comprends pour croire!" Après avoir été postulant pendant un an à l'abbaye de Saint Benoît sur Loire, j'ai été ordonné prêtre pour le diocèse d'Evry, le 24 Juin 2007.
Bien entendu, je profite de l'opportunité que vous m'offrez pour remercier l'équipe du CER, ses enseignants (Claude PAULOT...). Que Dieu vous bénisse dans la poursuite de votre oeuvre pour sa gloire et notre bonheur. En union de prière et d'amitié fraternelle

Une bndictine, promotion 1987

Ne en 1969 dans une famille chrtienne mais de pratique assez conventionnelle, je navais pas eu loccasion de vivre ma foi en dehors de la messe dominicale. Le catchisme propos par laumnerie de mon lyce parisien ne mapportait aucun enseignement substantiel et javais donc cess de frquenter laumnerie en classe de quatrime, avant la confirmation, donc.
Cest en classe de Seconde que me vint le dsir dapprofondir la foi de mon baptme, entrane par un de mes frres, lui-mme sous la bonne influence dun ami entr dans une abbaye bndictine. Aimant beaucoup lire, jachetais dans le quartier Saint-Sulpice un petit livre de la collection Que sais-je ? : La Foi catholique, du cardinal Paul Poupard, puis un peu plus tard, Amour et Silence, par un chartreux. Ces deux livres mouvrirent des perspectives de doctrine et de vie spirituelle toutes simples mais qui me firent passer dune foi reue passivement une foi personnelle et active, ainsi qu une authentique vie de prire, dans un contact vivant avec le Christ.
A la fin des grandes vacances, de retour dun sjour labbaye de son ami (qui le faisait rflchir sur une ventuelle vocation) mon frre moffrit les Manuscrits autobiographiques de Sainte Thrse de lEnfant-Jsus. Ce livre, ainsi que lexemple de mon frre, me plaa mon tour devant la question dune vocation religieuse. Je ne repoussai pas lide, mais mes tudes secondaires ayant repris, je la laissai de ct jusqu la fin de la Terminale. Entre temps, mon frre avait fait un essai dans une Communaut religieuse accordant une large part la liturgie et au chant grgorien. En lui rendant visite je fus sduite par cette vie consacre au Christ et la prire officielle de lglise. En lespace dune soire de rflexion et de prire paisible, je compris que le Seigneur mappelait son service.
De fil en aiguille ma vocation se prcisa : je me sentais appele une vie contemplative, avec une liturgie dveloppe. On mindiqua une abbaye susceptible de correspondre ce que je cherchais. Ds la premire visite je fus conquise par son accueil chaleureux et familial, ainsi que par ses offices en latin et chant grgorien. Sans grande hsitation, je mouvrais lAbbesse et la Matresse des novices sur mon dsir dentrer l le plus vite possible ! Elles me conseillrent de prendre le temps de la rflexion, de poursuivre mes tudes et dapprofondir ma formation chrtienne, en particulier de songer au sacrement de Confirmation que je navais pas encore reu. Je pense, sans en avoir de souvenir prcis, que ce sont elles qui me parlrent du C.E.R.
Cest la rentre 1987 que je minscrivis au cours de premire anne, dans les locaux de linstitut Catholique de Paris. Les premiers cours de Jean Daujat mouvrirent des perspectives merveilleuses et une vue synthtique du dogme chrtien qui comblaient mon intelligence. Jai suivi avec grand intrt toute cette premire anne qui ma donn les bases philosophiques et thologiques qui me manquaient et qui sous-tendraient toute ma formation venir.
En juin 1988 je reus la Confirmation, la rentre suivante je partis en Angleterre pour parfaire mon anglais (javais commenc une licence danglais la Sorbonne) et acqurir une exprience de travail comme au-pair dans une famille. Il me fut donc impossible de suivre la deuxime anne de cours du C.E.R., et la rentre 1989 jentrai dans cette abbaye. Je nai donc suivi quune anne de cours au C.E.R., mais elle ma beaucoup apport. Je dois mentionner aussi le mot dencouragement reu de Jean Daujat quand je lui annonais que jtais rentre dans les Ordres : il me dit la grande joie que cela lui offrait.
Il me faut prciser que mon parcours, relativement rectiligne, connut, sinon des mandres, du moins de petites preuves qui ne firent que confirmer ma vocation. En particulier, les quelques mois qui prcdrent mon entre, la vie facile dtudiante parisienne me sduisait beaucoup et la perspective de franchir la grille dun clotre me faisait leffet dun saut dans le vide plutt rebutant ! Ce fut pour moi loccasion de poser un choix dlibr, personnel, qui montrait que ma rponse au Seigneur tait libre et rflchie, et non simplement conditionne par des influences extrieures.
En me laissant guider par les circonstances et les personnes, je reconnais avoir t gte par lEsprit-Saint qui a jalonn ma route de grandes grces, et ce nest pas fini ! Je naurai pas assez de cette vie pour remercier le Seigneur.

Pre Frdric PERUTA (promotion 1987)
m. b. moine Saint-Wandrille

Je rponds votre lettre me demandant de tmoigner sur ce que les cours du Centre dtudes Religieuses mont apport. Je macquitte volontiers de ce devoir de reconnaissance, car les deux annes de cours (en effet, jai d cumuler, en 1988-1989, les cours de la deuxime et de la troisime anne, devant quitter ensuite la capitale aprs lachvement de ma formation dingnieur) avec Jean Daujat mont effectivement aid dans mon cheminement spirituel, qui a lui mme abouti discerner ma vocation de religieux moine bndictin.
Jai commenc le CER en 1987 la suite de la recommandation faite par mon frre cadet Arnaud, qui avait dj lu les livres de Jean Daujat, mais ne vint Paris quen 1988, et suivit alors les cours. Jtais alors lcole des Mines de Paris, et plusieurs de mes camarades mont accompagn et ont suivi au moins la premire anne.
Jai t enthousiasm par lenseignement de Jean Daujat, la fois par la forme et par le contenu. 80 ans passs, il parlait deux heures daffile (et, aprs la pause, nouveau deux heures) sans consulter ses notes, se retournant peine pour indiquer au tableau les quelques mots difficiles quil y avait crits lavance. Ce qui ma marqu le plus, ce fut le ton convaincu, voire enthousiaste, quil adoptait, notamment pour marteler des phrases comme : nous serions fous de regretter les consquences du pch originel : ctait une affirmation saisissante du Felix culpa ! Quant au contenu, comme scientifiques, mes camarades et moi suivions avec joie ses exposs charpents et nous sentions entrans conformer notre vie la doctrine spirituelle que nous recevions, mais aussi tenter de convaincre nos condisciples du caractre raisonnable de notre foi, au moyen des raisonnements philosophiques et thologiques appris au CER. Personnellement, cela ma valu des dconvenues, car nous tions encore quelque peu nophytes et je napportais pas les nuances voulues. Sans doute aussi navais-je pas assez cur de prier dabord pour obtenir la grce de la conversion de mes interlocuteurs ! Par ailleurs javais tendance vouloir rduire les raisonnements thologiques des dmonstrations de type scientifique, sans tenir compte de toute lpaisseur humaine des questions que nous touchions. Je navais pas non plus lide de reprendre aprs les confrences le cours dans le livre Doctrine et vie chrtienne , ce qui maurait montr lorigine scripturaire et liturgique de lenseignement dispens par Jean Daujat. Celui-ci, cependant, nous donnait lexemple dun homme de prire ancr dans la clbration de leucharistie, que ce soit lors des retraites quil organisait, ou bien lorsquil nous arrivait de lapercevoir la messe des Surs de lAdoration de la rue Gay-Lussac.
Mon loignement gographique ne ma pas permis ensuite de garder un contact frquent avec le Centre. Jai revu Jean Daujat, ainsi que M. Paulot, lors dune sortie de fin danne du CER qui passait par Saint-Wandrille pour la messe dominicale et la visite du clotre. La suite de la journe se droulait ensuite prs de Rouen dans une communaut nouvelle. Je nai pas gard mmoire de la date : peut-tre tait-ce en 1994 ? (ndlr : ctait en 1993)
Voici le modeste tmoignage que je puis donner. Je garde, comme vous le voyez, un trs bon souvenir de cet enseignement, qui a videmment favoris mon volution vers une vocation religieuse dans laquelle llment contemplatif, qui caractrise aussi lapproche du CER, est premier.

Christian FOURNIER (promotion 1991)
frre carme

Je me nomme Christian FOURNIER, je viens davoir 50 ans au mois de juillet.
Je suis originaire du Sud-Ouest o jai pass toute mon enfance et adolescence. Jy ai reu une formation chrtienne traditionnelle, savoir quaprs avoir t baptis Bordeaux 3 mois, jai fait ma premire communion 6 ans, puis ma confirmation 10 ans, enfin ma profession de foi 12 ans. Jai par ailleurs suivi des cours dinstruction religieuse au collge que je frquentais jusqu lge de 15 ans.
Toutefois 16 ans je me suis progressivement loign de lglise, considrant quil sagissait plus dune tradition familiale, que dune authentique dmarche de foi personnelle. Nanmoins je nai jamais cess de prier quotidiennement la Vierge Marie.
Aprs avoir termin mes tudes secondaires, je suis venu mtablir Paris, o javais comme projet professionnel de me spcialiser dans la distribution phonographique de produits dimportations. Ceci mamenait rgulirement Londres qui tait alors la capitale europenne de ldition/distribution des 33 tours. Durant un sjour, me rendant la National Gallery, jai reu devant le tableau de la Vierge en prire de SASSOFERATO, cette locution intrieure : Je suis vivante .
Cela sest produit en 1984. Je dois dire que sur le moment je nai pas vraiment ralis ce qui venait de se passer, et il ma fallu attendre lt 86 pour retourner le dimanche la messe. Jai ds le dbut t fidle ce rendez-vous hebdomadaire, sans pour autant mapprocher de lEucharistie.
Cinq ans plus tard, en octobre 91, jai commenc me rendre chaque mardi soir la Chapelle de la Mdaille Miraculeuse. Cest l que jai dcouvert un tract concernant le Centre dtudes religieuses .
Cela a t dterminant. En effet lanne prcdente javais ressenti un manque ne pouvoir communier. Javais donc entrepris daller me confesser, mais il tait ressorti de lchange avec le Pre qui me recevait que javais besoin de clarifier ma dmarche. En effet si la Parole me nourrissait alors, pour autant jprouvais une incapacit clairement exprimer ce que je vivais car il me manquait des bases solides. La dcouverte du Centre rpondit exactement ce que jattendais sans pour autant savoir le formuler. Immdiatement jai t sduit par la formule des cours, surtout les entretiens spirituels qui dbutaient chaque intervention de Jean DAUJAT ou Claude PAULOT. Cela a t une premire nourriture solide. Jen veux pour preuve que dans le mois qui suivit le dbut des cours, je retrouvais une pratique du sacrement de rconciliation qui ds lors na fait que crotre.
En relisant mon parcours, je me rends compte galement de limportance quaura eu pour moi laprs-midi pass avec Jean DAUJAT et Bernard BRO loccasion de la parution de son livre sur Thrse de Lisieux que je connaissais mal alors.
Par ailleurs les diffrents besoins au secrtariat du Centre ont t pour moi loccasion dun premier apostolat. Je tiens le mentionner car cela ma permis de prendre conscience que lon ne pouvait avoir lgard du Seigneur une attitude passive de consommateur. Pour modeste quil soit, il faut un engagement personnel.
Durant ce temps, je mimpliquais de plus en plus dans ma paroisse St Ferdinand des Ternes. Javais galement divers engagements la rue du Bac, o par exemple jai pass toute la semaine durant les JMJ de 97.
Les JMJ acheves, toute mon attention se portait ds lors vers la prparation du Grand Jubil. Un sjour Lisieux (que je ne connaissais pas) en aot 2000, a sans que jen aie conscience au dbut tout dclench. Ayant t profondment touch par cette premire visite, je profitais de ma journe de RTT mensuelle pour effectuer un aller-retour, et le 19 mars 2001, pour la St Joseph, alors que je me confessais au Carmel, le Pre ma demand si je navais jamais pens un engagement, car travers ce que je lui disais il entendait un appel. Lui ayant rpondu par la ngative, il menjoignit de poser des actes concrets afin de mener un authentique discernement ....et de placer cela sous le patronage de St Joseph.
Cest ainsi que jai commenc lautomne 2003 durant presque un an, un cheminement en tant que regardant au couvent des Carmes dAvon, suivi dune anne de postulat, puis de noviciat, avant de faire ma profession simple le 8 septembre 06, durant laquelle je suis devenu frre Franois-Christian de lEucharistie

Un prtre du diocse de Versailles (promotion 1991)

Jai suivi les cours du soir au Centre dtudes Religieuses au cours de lanne 91-92 pendant laquelle jaccomplissais mon service militaire en rgion parisienne. Jtais sminariste. Je navais suivi que le 1er cycle du sminaire, cest--dire la philo. Les cours de thologie (3 anne de cours du C.E.R.) venaient donc relever le niveau des conversations entendues la caserne et entretenir en moi le got de ltude. Je garde un trs bon souvenir de cette anne de cours que donnait encore en grande partie Jean Daujat lui-mme. Ils mont donn un avant-got de la thologie que jallais ensuite tudier pendant 4 ans au sminaire et approfondir plus tard en facult. Aujourdhui prtre diocsain, le recul des annes maide mieux percevoir tout le bnfice de la formation reue au C.E.R. Il me semble que son mrite premier consiste ne pas se contenter de donner des connaissances, comme le font toutes les facults de thologie, mais de sattacher aussi et surtout former le jugement. Montaigne ne disait-il pas que tte bien faite vaut mieux que tte bien pleine . Je retiens en effet de lenseignement reu la rigueur du raisonnement, la solidit mtaphysique et lhumilit de lintelligence dans sa recherche de la vrit. Les cours du C.E.R. ont nourri ma foi parce quils men apportaient une meilleure comprhension. Les connaissances nous taient toujours livres dans un tout cohrent, ordonn et bien structur. Le propre du sage nest-il pas dordonner ? Jy ai vcu de vraies joies intellectuelles et spirituelles. En sortant de chaque cours qui me tenait en haleine pendant deux heures, je pouvais dire : Ctait lumineux ! Que notre religion est belle ! Combien nous gagnons lapprofondir !

Elve de la promotion 2009

Jai connu le CER par un tract que javais pris lglise Saint-Ferdinand des Ternes.
Bien quayant suivi des cours de catchisme pendant toute ma scolarit, je me suis aperu, lge venant et certes un peu tard, que je navais aucune connaissance solide de la doctrine catholique...
Jai t extrmement intress et vrai dire merveill par la qualit, la profondeur et la prcision de lenseignement qui ma permis de mieux connatre les fondements de la foi chrtienne et limplication quelle devrait avoir dans notre vie.
Cela me permet aujourdhui de considrer les choses dun il nouveau et aussi, et ce nest pas le moindre des bienfaits que jen retire, de disposer de bases solides pour dfendre le point de vue dun chrtien...

Jean-Yves, mari, pre de trois enfants

J'ai connu le CER en 1974 grâce à une affiche posée à l'Institut Catholique. Travaillant alors depuis quatre ans, j’éprouvais le besoin d’approfondir mes connaissances religieuses, historiques et philosophiques que j'avais acquises à l’école Bossuet, aux lycées Montaigne et Louis-le-Grand. Exerçant les professions de journaliste et d’écrivain biographe, l’enseignement de Jean Daujat m’apporte beaucoup dans les domaines du raisonnement, de l’argumentation et aussi de l’écoute. Son œuvre, que je consulte régulièrement, est pour moi une référence incontournable.     

Marie-Pierre, promotion 2006

Après une grâce de conversion à la Toussaint 2004 à la basilique Notre Dame des Victoires, la soif de connaître et d’aimer Dieu, mais aussi l’intercession de la petite Thérèse de l’Enfant Jésus, m’ont amenée aux cours du CER en 2006 et j’ai été très heureuse de suivre les trois années jusqu’en 2009 avec Claude Paulot, homme de prière à la fois érudit et humble.
Je peux dire qu’après avoir déserté l’Eglise depuis plus de 30 ans et après avoir été contaminée, comme tant d’autres hélas, par un environnement déchristianisé dans une Franc foncièrement anticléricale, j’ai pu me libérer de tous les a priori et les mythes sur le christianisme et l’église catholique. Victime des années post-soixante-huitardes, la deuxième année qui traite de morale, de vertus, d’autorité, de famille, de mariage et d’éducation suivant la doctrine sociale de l’Eglise m’a remis « les pendules à l’heure » et j’ai compris ce qu’est la vraie liberté des enfants de Dieu.
Les cours commencent par un moment de silence et de prière et « l’entretien spirituel » et mettent en exergue la dimension de l’oraison dans la vie du chrétien qui doit devenir une prière et une offrande continuelle (à la manière des moines « ora et labora »), et cela même si la foi devient aride sans plus aucune grâce sensible dont on est souvent favorisé à ses débuts.
Ce furent pour moi trois années bénéfiques et denses, intellectuellement, spirituellement, mais aussi émotionnellement, car de mon catéchisme d’enfance, il ne me restait plus rien et sortir d’un aveuglement ou d’une ignorance pour aller vers plus de lumière et d’amour, quoi de plus beau et de plus libératoire ?
Eternelle reconnaissance à cette œuvre de Jean Daujat inspirée par Saint Thérèse et à Claude Paulot.